Historique de la Franc-Maçonnerie

Il existe plusieurs théories sur les origines de la franc-Maçonnerie mais les spécialistes s’accordent pour les trouver chez les tailleurs de pierre du Moyen Âge qui ont bâti nos châteaux et nos cathédrales. C’est dans les Iles Britanniques que se situent l’origine et le développement de l’Ordre Maçonnique tel que nous le connaissons, et c’est là où la franc-Maçonnerie moderne ou ‘spéculative’ -par rapport à celle, “opérative”, des bâtisseurs- émergea vers la fin du XVIIème siècle.

Les Maçons ‘opératifs’ du Moyen Âge voyageaient d’un chantier à l’autre, se réunissant dans des loges, à la fois ateliers et lieux de séjour. Ils y travaillaient sous la direction d’un maître d’œuvre, ou ‘maître de la loge’, et suivaient un long apprentissage avant de devenir des hommes de métier accomplis, maîtres de leur art, libres, ce qui passait par la communication de certains ‘secrets’. En Angleterre, les loges possédaient des manuscrits contenant des règles professionnelles, les “Old Charges” ou “Anciens Devoirs”. Ils se terminaient par l’énumération de règles morales et professionnelles constituant une véritable éthique du métier. 

La disparition progressive des grands chantiers (cathédrales, abbayes, châteaux, etc.) réduisit le rôle des loges opératives, tandis que des étrangers au métier de la construction, souvent des intellectuels, aristocrates ou bourgeois, vinrent s’y affilier, probablement animés par des préoccupations d’universalité et par le désir d’y trouver un vivier de tolérance religieuse. Ce phénomène aurait façonné le visage de la franc-Maçonnerie moderne.

Les loges donnèrent naissance à une fraternité visant à propager une spiritualité et une éthique, voilées par des symboles et illustrées par des légendes. Les outils du Maçon, la pierre même qu’il travaillait, devinrent le support symbolique d’une réflexion métaphysique et morale. 

De cette rencontre naquit la franc-Maçonnerie moderne, qui vit officiellement le jour en 1717, lorsque quatre loges de Londres se réunirent pour fonder ce qui allait devenir la Grande Loge d’Angleterre. Des Constitutions furent publiées en 1723, sous la signature de James Anderson, pasteur presbytérien. Cette compilation des ‘Old Charges’ opératives affirmait le principe de tolérance religieuse, dans le respect de toutes les confessions. La franc-Maçonnerie connut dès lors une croissance rapide en Grande-Bretagne, en Europe continentale -notamment dans nos contrées- et en Amérique. 

Quelle est l’histoire de la franc-Maçonnerie en Belgique?

Introduite à Paris dès 1726, la franc-Maçonnerie s’est répandue progressivement dans nos régions, alors Pays-Bas autrichiens, en Principauté de Liège ainsi que dans les Pays-Bas hollandais, avant la naissance du Grand Orient de Belgique en 1833. Le façonnage du paysage Maçonnique dans notre pays, doit beaucoup aux circonstances historiques et politiques depuis sa fondation. Au fil du temps, le Grand Orient de Belgique, en opposition avec les ‘landmarks’ de la Maçonnerie Universelle, supprima en 1854 l’interdiction de discussions politiques et religieuses en Loge et supprima aussi en 1872, la référence au Grand Architecte de l’Univers. 

Déplorant ce glissement, cinq Loges créèrent en 1959 la Grande Loge de Belgique, qui entendait renouer avec l’Universalité et la tradition. Elle fut reconnue par la quasi-unanimité des Grandes Loges dans le monde grâce à son respect des principes de la régularité maçonnique. 

Mais suite à quelques manquements aux règles de la Maçonnerie Traditionnelle, la Grande Loge de Belgique perdit la reconnaissance de la quasi-totalité des Grand Loges. Plusieurs de ses membres restés fidèles à leurs engagements et attachés aux règles traditionnelles de la Maçonnerie Universelle, désireux de conserver une caution internationale, créèrent le 15 juin 1979 la Grande Loge Régulière de Belgique (GLRB).

C’est ainsi que notre pays se trouve dans une situation atypique avec plusieurs Obédiences. Ensemble, elles représentent deux courants Maçonniques : l’un traditionnel et régulier -largement majoritaire dans le monde- dans lequel s’inscrit pour notre pays exclusivement la GLRB, avant tout spiritualiste; l’autre de type sociétal - présent principalement en France et en Belgique - s’étant écarté des ‘landmarks’ Maçonniques traditionnels.